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chronique
Féminisme et relations de genre

À combien se chiffre ta radicalité au BBM?

Il y a plusieurs enjeux qui mériteraient des échanges dans la lettre que Céline Hequet publiait sur Je suis féministe. Celui qui m’est apparu, peut-être à tort, comme le plus central concerne la contradiction des militantes féministes qui acceptent de collaborer avec les médias de masse, particulièrement les médias féminins. Mais il y est aussi question d’overachievment et de ce que certaines appeleront le pop-féminisme: une forme gentille et lisse de féminisme. C’est en partie un mélange de tout ça qui permet à Céline Haquet d’affirmer: « Tu ne me représentes pas Léa. »

J’insiste encore quelques lignes sur la personnalisation du débat parce que je suis bien d’accord avec Céline Hequet: Léa Clermont-Dion ne me représente pas. Mais il me semble évident que Léa ne veut pas nous représenter non plus. Il me semble au contraire que cette phrase ne s’adresse pas à Léa. Cette phrase s’adresse aux médias, les interpelle par ricochet. (C’est un des paradoxes de cette lettre que d’être tellement mass-médiatique dans sa forme – personnalisation, titre sensationnaliste, révélation des coulisses, etc. – tout en dénonçant les médias.)

Ce qui m’intéresse dans cette question, c’est justement l’angle structurel, particulièrement l’obsession des médias pour l’autorité symbolique transversale qui les pousse à inviter tout le temps les mêmes gens pour jouer à peu près tous les rôles. Pourquoi, Dany Laferrière est-il devenu la seule référence acceptable pour parler d’Haïti? Le phénomène qui se joue autour de l’éthos de Léa est pour moi du même ordre. Bien sûr qu’on peut critiquer les individus qui jouent le jeu, mais comme il faut au minimum le jouer si on veut danser avec les médias, il me préoccupe davantage de critiquer les médias.

D’où vient cette obsession du même partout sur toutes les tribunes? Pourquoi vouloir à tout prix parler du livre dont tout le monde parle et non pas celui dont personne n’a encore parlé? Pourquoi toujours vouloir réduire chaque enjeu à une figure? À quoi répond ce besoin de personnalisation, justement? Même les créneaux qui pourraient se vanter de s’adresser à un public plus pointu cherche l’aval du grand public, ce réduit statistique.

En même temps, si c’était moi qui étais l’objet de leur attention monomaniaque, je doute que j’aurais la force émancipatrice de m’en extraire. Je constate déjà que je ne suis pas toujours aussi consciente qu’il le faudrait de ma posture privilégiée parce que j’ai encore tendance à voir ce blogue comme un projet personnel, indépendant et peu consulté. Quelqu’un récemment me disait que je suis partout et ma seule réaction a été de demander: « Où est Kim Thuy alors? Méta-partout? » Comme si le fait de se comparer pouvait me dispenser d’une réflexion sur mon propre capital symbolique… C’est justement Dany Laferrière qui m’avait dit, avant la sortie de mon livre: « Vous prendrez goût à faire parler de vous. » Note: si Dany est partout c’est en partie parce qu’il cerne très rapidement les gens…

Pour revenir au féminisme médiatique, il faut voir que dans une perspective structurelle, on peut bien tenter de travailler le média au corps, mais la révolution complète n’adviendra pas (je pense). Le média est une structure hégémonique et lorsqu’il donne la parole à une dissidence c’est soit pour s’en amuser, soit parce qu’il l’a au moins en partie digérée.

Ça me pousse d’ailleurs à interroger la figure médiatique de quelqu’un comme Martine Delvaux. J’ai trouvé le dernier livre de Martine radical et, en ce sens, je m’étonne assez de son succès mediatique. Je soulignerai au passage qu’il me semble que nous avons beaucoup plus vu Martine que Léa dans les derniers mois (mais non, jamais en robe de satin rose!). N’empêche, pourquoi le discours de Martine passe-t-il? Et celui de quelqu’un comme Alain Deneault qui a fait une large tournée médiatique récemment? Est-ce que ça se joue dans le ton? Leur capacité de vulgarisation, leur calme, leur apparence? Pourquoi la machine hégémonique accepte ce discours-là? Parce que ça lui donne sa dose dissidente, son pharmakon qui la protège de la révolution?

C’est cette dernière hypothèse qui fait que certains militants et certaines féministes refuseront toujours de jouer le jeu. J’ai toujours respecté cette position même si je ne pense pas que sa radicalité libère de toutes les contradictions. L’impossibilité de changer la machine de l’intérieur appelle logiquement un boycott, mais le boycott place aussi dans une position difficle face à la critique. Si toutes celles qui se disent féministes refusent de parler aux magazines féminins, que gagnons-nous?

Je n’ai donc pas choisi le boycott. Je pourrais dire que ma préoccupation est d’étendre mon discours au plus large public, et c’est assez vrai. Mais c’est limité. La vérité c’est que malgré toutes leurs incohérences, je les aime les médias. Je crois à l’importance de cette sphère imparfaite. Et je suis bien là-dedans. Je m’y sens assez bonne, assez compétente. La vulgarisation, le travail pour dire beaucoup en peu de mots, j’aime ça. J’ai envie de ça.

Peut-être que ça m’empêche de me réclamer d’une étiquette de féministe radicale. Le dernier texte publié par un collectif de féministes radicales stipule que « les rares femmes qui ont l’occasion de porter la voix du féminisme dans les médias de masse se complaisent à n’aborder que certains aspects sans oser s’attaquer à ce qui est, à notre avis, la racine du problème.  » Je n’avais jamais pensé à ça avant ce débat et je veux bien rendre l’adjectif « radical » pour le laisser à d’autres qui le porteront mieux et plus loin. Pour le reste, je continuerai à me battre sur toutes les tribunes qui me conviennent pour qu’on cesse de reproduire une vision essentialiste des rôles sociaux et du langage.

Je laisserai le soin aux autres de m’étiquetter. De toute façon, c’est quand même notre sport préféré: nous haïssons les étiquettes de genre mais nous faisons souvent la démonstration qu’il est difficile de se penser hors de nouvelles binarités. Ce ne sera pas, ça non plus, la dernière de nos contradictions.

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Discussion

10 réflexions sur “À combien se chiffre ta radicalité au BBM?

  1. Le problème dans beaucoup de milieux militants que j’ai fréquenté est qu’il y en a toujours pour trouver que untel ou unetel n’est pas assez radical ou encore le contraire, ceux qui sont inquiets de tomber dans le trop radical. Je trouve que ce sont des débats néfastes. Les personnes plus progressistes se battent habituellement contre la pensée unique et après cela il faudrait qu’un mouvement soit un bloc monolithique. Je crois qu’il faut simplement accepter ce que les autres peuvent apporter et ne pas les fustiger sur ce qu’ils ne font pas. Clermont-Dion fait ce qu’elle peut faire avec la situation dans laquelle elle se trouve. Par exemple, pendant le printemps érable j’ai dû arrêter de participer aux manifestations à cause de mon anxiété. J’avais peur de me faire détenir et que la prise de ma médication soit compromise ( le sevrage est très désagréable et incapacitant). Plusieurs personnes affirmaient alors sur les réseaux sociaux que ceux qui n’étaient pas dans la rue, n’étaient pas des vrais carrés rouges. Je me suis sentie blessée par ma propre « gang » et décue. Il serait mieux de réserver sa colère pour la projeter envers les grosses structures comme le gouvernement et les médias de masse à la place de la tourner contre les individus.

    Publié par 100dessins | 9 avril 2014, 12 h 43 min
  2. Merci de rester constructive à l’intérieur de ce débat. J’aimerais copier-coller une réflexion que j’ai publiée sur ma page Facebook au sujet de toute cette saga et qui pourra peut-être vous éclairer un peu. Ça s’appelle « Insomnie et autres terreurs nocturnes »:

    J’ai beaucoup réfléchi au ton maintes fois reproché de ma lettre à Léa. J’ai envie de dire que ma colère est légitime. Je n’ai pas envie qu’elle soit léchée ni écrémée au nom d’un quelconque désir de politically correct que je m’explique mal. Si Léa s’est sentie mise en danger, adolescente, par les pressions sociales exercées sur l’apparence des femmes – qui restent bien sûr toujours objet et ce, dans le plus grand intérêt des hommes – je me sens tyrannisée par l’image de la féministe qu’elle projette et qu’on me demande d’encenser.

    J’ai tenu à partager mon vécu d’overachiever pour expliquer d’où me venait cette colère. Je n’en peux plus qu’on me bombarde de ce genre de « modèle à suivre ». Il n’y a pas que les diktats de l’industrie de la beauté, il y aussi ceux d’une méritocratie qui m’a rendue, moi aussi, malade.

    Cette méritocratie, j’ose la lier maladroitement et encore bancalement à un néolibéralisme qui décharge toutes les responsabilités sur les individus. Ainsi, ce soir (c’était le soir des élections), si les Québécois et les Québécoises se voient affublés de cette triste bande de clowns pour soi-disant les servir lors des quatre prochaines années – mais j’ai plutôt envie de dire les asservir – ce serait parce que les gens sont « cons », qu’ils n’ont « rien compris ». Je refuse de tomber dans une telle analyse, sinon ce serait la fin de ma lutte.

    Je crois plutôt qu’une certaine élite a tout intérêt à maintenir un système de vote non représentatif doublé d’une impossibilité de participer au processus démocratique en dehors du rituel électoral et je ne serai certainement pas la première à le dire. Vous avez trouvé la campagne avilissante et désabusante ? Et si c’était tout voulu qu’on l’on vous lasse de ces débats vides, de ces attaques ridicules, de ces scandales que l’on sort innocemment d’un chapeau à la fin du tour de magie ? Dormez mes agneaux, on s’occupe de vous ! Et surtout des couilles en or qu’on se fait dans les paradis fiscaux sur votre dos…

    Ainsi, les gens ne sont pas « cons ». Au contraire, ils ont bien raison de ne pas s’intéresser à la politique car la politique ne s’intéresse pas à eux. De la même façon, on ne continue pas de polluer la planète « parce que les gens ne sont pas assez conscientisés » ou n’amènent pas leurs sacs réutilisables à l’épicerie. On continue de prendre notre « char » pour aller à la « job » car tout un système nous y pousse : transports en commun insuffisants, association constante de la publicité de la voiture avec la « liberté », le « bonheur », aménagements urbains de type « banlieue » exclusivement pensés pour la voiture. Pendant ce temps-là, les fameuses couilles en or continuent de gonfler…

    De la même façon que je trouve les approches individualisantes dangereuses pour le mouvement écologiste (« acheter, c’est voter », sous-entendant par là-même que le marché est démocratique) puisqu’elles ne questionnent pas les structures de fond qui permettent la pollution (un système de production où une élite a des intérêts particuliers), je trouve le féminisme « sensibilisateur » de Léa dangereux. Il implique en effet que chaque femme se rende compte de son oppression, des standards de beauté qu’on lui impose, et puis quoi ? Que va-t-on faire une fois ainsi éclairée ?

    De plus, ce féminisme ne questionne pas ou peu ce qui nous asservit en tant que femmes. Pourquoi sommes-nous soumises à de tels impératifs de beauté ? Dans l’intérêt de qui ? Qu’ont-ils de différents de ceux imposés sur les hommes ? Si nous nous désaliénons toutes tour à tour, aura-t-on gagné ? N’y a-t-il pas quelque chose de plus grand qui nous asservit, d’une façon peut-être moins évidente que la beauté, car elle ne se situe pas au niveau des apparences ? J’insiste ici sur l’importance d’en comprendre la structure pour faire tomber un système.

    Vous me direz, comme cela a déjà été fait, que je demande à Léa d’en faire moins tout en lui reprochant de ne pas en faire assez. En fait, je l’invite à nous en imposer moins sur les apparences et à nous en offrir plus sur le fond. Pour que sa démarche de féministe soit à l’image de la critique sociale qu’elle tente d’articuler.

    Céline

    Publié par Céline Hequet | 9 avril 2014, 17 h 42 min
  3. Je croie que vous les féministes, vous croyez être imbu de la vérité, jamais dans les siècles future saura satisfaire vôtre soif d’exigences, vous n’acceptez pas la vérité et les besoins d’autrui,vous êtes égoïste et ne penser pas, que vous pourriez avoir tord, je vous recommande de vous acheter un continent et imposer vos prérequis sur votre monde imaginaire.

    S.V.P Épargner moi vos reproches.

    Publié par Gilles Léonard (Buckeven) | 10 avril 2014, 8 h 03 min
  4. Vous, Monsieur Léonard vous pourriez nous épargner votre condescendance, mais c’est votre façon de respirer. Vous savez vous êtes ici sur un continent virtuel féministe, c’est vous qui continuez à venir, revenir, revenir, revenir. La porte n’est jamais fermée ici, mais personne ne vous oblige à venir sur ce continent.

    Mais venir chez les autres pour les haïr. Venir chez les autres pour les snobber. Venir chez les autres pour leur crier des bêtises et leur dire qu’ils ont la vérité (et vous vous avez la vérité de nous dire que nous avons la vérité)?

    Publié par Catherine Voyer-Léger | 10 avril 2014, 9 h 42 min
  5. Oui, je seconde. Il ne suffit pas de dire « épargnez-moi vos reproches ». Franchement, personne n’est à l’abri des critiques. Parler en public, c’est s’exposer aux critiques. Malgré que ces celles-ci puissent être senties, elles doivent tout de même contenir des arguments. La vôtre n’en contient malheureusement aucun, M. Léonard.

    Mme Voyer-Léger, j’ai malheureusement l’impression que votre ton est tellement tempéré que personne ne s’intéresse à vos arguments. Je n’ai pas fait « exprès » d’écrire une lettre sensationnaliste, ce n’était pas un « coup monté », c’est sorti comme ça. J’ai l’impression que chaque fois que j’essaye de dire des choses posées et non polarisantes sur les réseaux sociaux, personne ne m’écoute. Entre autre, j’aimerais bien savoir ce que j’ai pu bien dire de si méchant. J’attends encore qu’on me cite. Quand j’en arrive à me faire dire par Gab Roy que je suis virulente… Ou bien est-ce l’ensemble? Je ne sais plus trop…

    L’objectif n’était évidemment pas d’être gentille, mais plutôt d’ébranler une figure publique tant aimée des grands médias pour une raison que je m’explique mal. Je sais que quand on met le pied dans l’engrenage, c’est une sorte de cercle vertueux: plus on passe et plus on est invité à nouveau. Mais quand même, on ne va pas porter Léa en victime des médias! Elle a énormément profité de ces tribunes pour sa carrière de personnalité publique, un peu trop par rapport à la qualité de son message selon moi.

    Maintenant, d’autres femmes ont exprimé leur colère de ne jamais être entendues. Cependant, pour elles, tous les moyens ne sont pas bons pour se faire entendre. La fin ne justifie pas toujours les moyens. Il y a des choses qui sont bonnes ou mauvaises en elles-mêmes, tout n’est pas qu’analyse coût-bénéfice. Le magazine féminin du type Châtelaine ou Clin d’Oeil est selon moi quelque chose qui doit être détruit plutôt qu’investi. Je n’ai pas un avis aussi tranché envers tout les médias, mais ces derniers présentent une image tellement néfaste de la femme qu’il me semble plus simple de s’en débarrasser et de recommencer de zéro que d’essayer de les changer de l’intérieur. Je dirais que la charpente est pourrie…

    Je me questionne beaucoup sur la possibilité de changer les choses de l’intérieur. Je vote Québec Solidaire bien que je m’identifie comme socialiste. Ceci ne constitue pas en soi un geste très radical. Je ne sais pas si c’est la bonne chose à faire et si un parti politique peut réellement entraîner un changement de système économique. Juste de l’écrire noir sur blanc m’amène à penser que c’est un peu farfelu. Vous voyez, je ne suis pas tranchée sur tous les sujets, même certains méritent qu’on le soit.

    Publié par Céline Hequet | 11 avril 2014, 0 h 39 min
  6. Mme Hequet, je ne sais pas pourquoi vous venez m’expliquer et me (re)expliquer sans cesse votre point que je comprends bien. Mais bon, puisque vous insistez…

    Pour moi votre lettre était moins méchante que condescendante (et la condescendance j’hais ben ça). « Chère Léa » « comme toi Léa » « tu ne me représentes pas Léa », toute cette lettre est sur le ton de je-vais-t’apprendre-les-vraies-choses-de-la-vie. Et que dire de ce « Consultez dès maintenant » que vous voulez afficher contre les choix de vies d’autres femmes…

    Ainsi, vous êtes une féministe radicale qui s’intéresse aux mouvements sociaux mais parce que votre tendance à l’overachievment vous a rendue malade, vous avez décidé que votre expérience méritait un transfert de diagnostic sur tout le monde? Vous voulez dénoncer la méritocratie et pour ça vous blâmez les overachiever… C’est comme si vous accusiez le monde d’être boulimique… Comment le féminisme radical peut-il vous mener à ce point à un discours culpabilisant face aux femmes prises avec certaines aliénations? Et si moi, admettons, mon overachievment c’est ce qui me SAUVE tous les jours d’autre chose. Si pour le moment je m’en contente parce que je suis rendue là dans ma vie? Et si je peux très bien être consciente de la méritocratie, la comprendre, la combattre et ne pas être capable de m’en libérer? C’est ça, l’aliénation. On s’en libère pas en faisant un voeu! C’est un travail. Et s’il est bien vrai de dire que Léa ne nous représente pas, je vois pas exactement pourquoi vous nous donneriez des leçons d’équilibre…

    Ni d’ailleurs des leçons d’écriture. « J’ai malheureusement l’impression que votre ton est tellement tempéré que personne ne s’intéresse à vos arguments. » Encore une fois: tant de condescendance. Je sais bien que vous ne faites pas exprès de ça, pas plus que d’avoir été sensationnaliste. Mais moi je travaille pour ne pas l’être. Je fais exprès d’être ni sensationnaliste ni condescendante. C’est ça ma démarche radicale à moi. Je suis sans doute une sale suppôt du système parce que je réponds à Châtelaine, mais je travaille tout le temps, dans mon écriture, à défaire la polarisation. Et quand je m’y laisse glisser, je m’interroge et je tente de me reprendre.

    Vous dites avoir l’impression que personne ne vous écoute quand vous dites des choses posées? Êtes-vous en train de me dire que vous choisissez votre ton en fonction de l’intérêt des gens? N’est-ce pas exactement ce que vous reprochez au popféminisme, de se chercher à tout prix un public?

    Pour être bien honnête avec vous, j’ai pas mal de lecteurs sur l’ensemble des tribunes que j’occupe et je me fais un devoir de tenter de rester dans ce que j’ai envie d’être et de dire. J’essaie de stopper toute véléité d’une écriture qui aurait pour but que plus de gens s’intéressent à mes arguments.

    Pour moi l’émancipation se fait dans des aller-retours entre le soi et le collectif parce que c’est là que se mesure nos limites et nos contradictions. Mon pari c’est de le faire en déconstruisant les schèmes de pensées, celui voulant que le débat d’idées soit un combat de boxe avec deux coins délimités étant l’un des plus dominants.

    Vous ne me trouvez pas assez radicale? Sincèrement, je m’en sacre assez. Je vois dans la recherche de nuance et la tempérance du ton, mais surtout dans le travail d’une rigueur formelle et argumentaire, une radicalité toute différente et c’est mon combat qui pour l’instant m’occupe et m’intéresse.

    Publié par Catherine Voyer-Léger | 11 avril 2014, 1 h 44 min
  7. Je n’essayais pas de vous attaquer mais d’entrer en dialogue. Je trouve malheureux au sens propre que personne ne donne d’avantage d’attention à votre tribune qui donne plus dans la réflexion que, disons, celle de Mme Robert. Je ne m’identifie pas comme militante féministe radicale. Je suis une militante de l’ASSÉ (ou plutôt j’étais) ET je suis féministe. Je ne suis pas « radicale ». En fait, je ne comprends pas pourquoi vous vous fâchez. Si vous avez envie de terminer le dialogue, je respecterai votre intention. Je ne veux pas vous forcer à argumenter avec moi. Cependant, ne faites pas d’amalgames entre moi et le texte des féministes radicales.

    En effet, je ne peux pas savoir si Léa a effectivement un problème qui pourrait s’apparenter à celui que j’avais à l’époque. Effectivement, elle pourrait être très heureuse dans cette course folle au succès. Peut-être qu’elle ne veut pas se présenter comme un exemple à suivre et que c’est plutôt aux médias que je devrais dire « Ya basta, ça ne me semble pas un bon exemple à suivre pour notre belle jeunesse. » Je dois encore réfléchir à ça.

    Je n’ajuste pas mon ton pour assurer mon succès. Je ne suis pas une personne ambitieuse. Si j’avais voulu me propulser aux sommets de la gloire, je me serais présentée comme co-porte-parole en 2012. Simplement, comme je me suis fait reproché maintes et maintes fois d’avoir été virulente dans cette saga, j’ai essayé de calmer mon ton pour montrer que je pouvais être constructive malgré une critique très dure, mais on aurait dit que j’étais devenue soudainement invisible. Je trouve ça quand même fort! Je me questionne alors sur l’intérêt de ne pas être polarisée et polarisante. Je l’impression que ça n’entraîne pas beaucoup de débat. En fait, il n’y a que vous et moi qui débattons sur cette page et c’est bien dommage.

    Publié par Céline Hequet | 11 avril 2014, 11 h 40 min
  8. Vous avez raison. La réflexion non-polarisée fait moins réagir, mais je ne pense pas qu’elle fait moins réfléchir. Le texte ci-haut a été partagé près d’une centaine de fois sur Facebook, je trouve ça honorable et moi ça dépasse mes attentes.

    Pour le reste, depuis quelques années déjà les débats ont mieux lieu sur les blogues que sur les médias comme Facebook. Les plus beaux et plus seins débats que j’ai eu étaient sur des groupes Facebook. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à investir ce genre de groupes. Je crois que vous y trouverez votre compte.

    Publié par Catherine Voyer-Léger | 11 avril 2014, 23 h 47 min
  9. Bonjour Catherine,

    Mon commentaire n’a rien à voir avec ton billet, mais c’est pour souligner le petit lapsus dans ta dernière réponse ci-dessus à Mme Hequet: « les plus beaux et plus seins débats… ».

    Au plaisir!

    Publié par Anders Turgeon | 14 avril 2014, 18 h 00 min

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  1. Pingback: Léa Clermont-Dion et le féminisme blanc | Womens View Point - 22 avril 2014

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